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Un métro qui fonctionne vraiment, une calçada mieux tenue qu'à Lisbonne, et le dénivelé le plus sévère que j'aie rencontré : mon compte rendu de l'accessibilité à Porto, et pourquoi l'accompagnement y change tout.
11 min de lecture ·
Oui et non, et pour une raison très différente de Lisbonne. À Porto, le sol n'est pas le problème : les trottoirs sont larges, plats et bien entretenus par rapport à ce que j'avais connu plus au sud. Le problème, c'est la pente. Porto est la ville la plus pentue que j'aie visitée, et je ne peux pas assez insister là-dessus. Le dénivelé n'est pas un détail du voyage, c'est ce qui décide si votre journée se passe bien ou pas.
Ce guide vient d'un court séjour où j'ai noté ce que je voyais plutôt que de reprendre les pages officielles. Il y a donc des choses que je n'ai pas pu vérifier, et je le dis quand c'est le cas. La conclusion, elle, est nette : Porto se visite très bien avec un besoin d'accessibilité, à condition d'arriver accompagné ou avec un véhicule adapté, et de ne pas compter sur ses jambes ou ses bras pour affronter les côtes.
Porto mélange deux revêtements : du béton sur une bonne partie des axes, et la calçada en cubes de pierre typique du Portugal ailleurs. La différence avec Lisbonne saute aux yeux. Ici, les cubes sont beaucoup plus à niveau les uns par rapport aux autres, et l'entretien se voit : moins de pierres manquantes, moins de joints élargis, une surface qui reste régulière sous les roues. La largeur est également correcte, assez pour un fauteuil roulant manuel sans devoir descendre dans la rue à chaque obstacle. Si vous avez lu que le Portugal est impraticable à cause de ses trottoirs, Porto est la ville qui nuance cette idée.
C'est le point sur lequel je veux être le plus clair possible. Porto est bâtie sur des versants qui plongent vers le Douro, et les pentes y sont d'une intensité que je n'ai rencontrée nulle part ailleurs. Faire la ville seul en fauteuil roulant manuel n'est pas envisageable : il ne s'agit pas d'une montée difficile ici et là, mais d'un relief permanent où les descentes sont aussi exigeantes que les montées, parce qu'il faut freiner en continu. Et cela vaut aussi pour la marche. Une personne à mobilité réduite qui marche encore très bien se retrouvera épuisée avant la fin de la journée.
Après Lisbonne, c'est la bonne surprise. Le métro de Porto m'a paru réellement adapté. Aux stations que j'ai utilisées, je n'ai relevé aucun de ces petits accrochages qui gâchent un trajet : pas d'écart gênant, pas de marche à franchir pour entrer dans la rame. Le réseau est récent, ce qui explique beaucoup, et les stations marquées comme adaptées disposaient bel et bien d'ascenseurs. C'est le seul mode de transport que je recommande sans réserve à une personne à mobilité réduite à Porto, et c'est aussi ce qui permet de franchir du dénivelé sans le subir.
Comme à Lisbonne, la zone praticable est en bas, le long de l'eau, mais Porto en offre deux plutôt qu'une. Sur la rive nord, le quartier de la Ribeira présente des trottoirs en béton au bord du fleuve. Sur la rive sud, le secteur des caves de porto longe aussi l'eau avec un revêtement praticable. Ce sont les deux endroits où l'on circule sans calculer chaque mètre, et ils sont assez étendus pour remplir une journée agréable à eux seuls.
J'ai fait la visite de la cave de Taylor's et c'était une très bonne expérience, dégustation comprise. Le lieu était bien adapté et je le recommande franchement. Une réserve importante toutefois : rendez-vous-y en véhicule. Les rues qui y mènent sont étroites, très en pente et pavées de cubes de pierre, c'est-à-dire exactement la combinaison qui rend un trajet pénible ou risqué. La visite est agréable, l'approche ne l'est pas.
L'essentiel de ce qui se visite à Porto, ce sont des bâtiments historiques, donc des marches. Parmi ceux que j'ai visités, certains avaient une rampe d'accès et d'autres non, sans logique évidente pour le deviner à l'avance. La seule méthode fiable est de contacter les établissements et de faire valider les lieux avant de s'y rendre. J'ai en revanche remarqué que les endroits très touristiques et les lieux de rassemblement étaient généralement ouverts, dégagés et bien adaptés.
C'est la conclusion pratique du guide, et elle est ferme. Porto ne se visite pas seul en fauteuil roulant manuel. Un accompagnateur est fortement recommandé, et un transport adapté privé est ce qui permet de voir réellement la ville au complet plutôt que la seule bande riveraine. Ce n'est pas une dépense de confort : c'est ce qui transforme une ville épuisante en ville agréable. Si vous n'êtes pas prêt à planifier de cette façon, je ne recommande pas ce voyage, et je préfère le dire clairement plutôt que de vous laisser le découvrir au pied du premier versant.
Les deux villes posent des problèmes inverses, et c'est la comparaison la plus utile que je puisse donner. À Lisbonne, le sol est l'obstacle : calçada glissante et fissurée, trottoirs étroits, et un métro dont l'accessibilité annoncée ne correspondait pas à ce que j'ai trouvé sur place. À Porto, le sol est correct et le métro fonctionne vraiment, mais le relief est d'un autre ordre de grandeur. Autrement dit : Lisbonne demande de la vigilance à chaque mètre, Porto demande une décision de transport prise à l'avance.
Je logerais en bas, près de l'eau, pour que la journée ne commence pas par une côte. J'utiliserais le métro comme colonne vertébrale, puisque c'est le mode de transport sur lequel on peut compter ici. Je réserverais un véhicule adapté pour les caves et pour tout ce qui se trouve en hauteur. Et je garderais une journée entière sur la bande riveraine, sans aucune montée, parce que c'est la journée qui se passe bien à coup sûr.
En partie, et différemment de ce à quoi on s'attend. Les trottoirs sont larges, plats et bien entretenus, nettement meilleurs qu'à Lisbonne, et le métro est réellement adapté. C'est le dénivelé qui pose problème : Porto est la ville la plus pentue que j'aie visitée, et la parcourir seul en fauteuil manuel n'est pas envisageable. Avec un accompagnateur ou un transport adapté privé, la ville se visite très bien.
D'après ce que j'ai constaté, oui. Le réseau est récent, les stations marquées comme adaptées avaient des ascenseurs, et je n'ai relevé aucun accroc d'accessibilité aux stations que j'ai utilisées, ni écart gênant ni marche pour entrer dans la rame. C'est le mode de transport que je recommande à Porto. Mon séjour ayant été court, vérifiez tout de même les stations précises de votre itinéraire.
Sur les trottoirs et le métro, oui, nettement. La calçada de Porto est plus à niveau et mieux entretenue, la largeur convient à un fauteuil manuel, et le métro n'a pas présenté l'écart entre le quai et la rame que j'ai trouvé à chaque station de Lisbonne. Sur le dénivelé, non : Porto est plus pentue. Les deux villes posent donc des problèmes inverses.
Pas sur une journée complète. Même avec une bonne capacité de marche, le dénivelé est assez intense pour épuiser avant la fin de la journée. Le bord de l'eau, sur les deux rives du Douro, reste l'exception où la marche est confortable. Pour le reste de la ville, prévoyez un véhicule ou le métro.
Celle de Taylor's l'était et la visite, dégustation comprise, était très agréable. La difficulté n'est pas la cave mais le chemin pour y arriver : les rues d'accès sont étroites, très en pente et pavées de cubes de pierre, donc rendez-vous-y en véhicule. D'autres caves se trouvent directement au bord du Douro sur la rive sud, plus faciles d'accès si vous préférez éviter la montée.
Je le recommande fortement. Le relief rend les montées impraticables seul en fauteuil manuel, et les descentes exigent un freinage continu. Un accompagnateur, un transport adapté privé, ou les deux : c'est la condition pour que le séjour soit agréable plutôt qu'éprouvant.
Le bord de l'eau, des deux côtés du fleuve : la Ribeira sur la rive nord et le secteur des caves de porto sur la rive sud. Les trottoirs y sont en béton et le terrain est plat. Les lieux très touristiques et les espaces de rassemblement sont aussi, en général, ouverts et bien adaptés.
Porto mérite le voyage, et c'est une ville plus facile qu'on ne le croit sur tout ce qui n'est pas la pente. Le seul vrai prérequis est d'avoir décidé d'avance comment vous franchirez le dénivelé. Si vous préparez ce séjour, indiquez vos besoins d'accessibilité dans la recherche : les options en tiennent compte dès le départ plutôt qu'en après-coup.
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